White Out - Begegnungen am Ende der Welt

un 'Visual Poem'

mise en scène: Alexander Giesche

Le voile blanc est un phénomène bien connu des skieurs et des alpinistes : c’est l’effet provoqué lorsque le sol est couvert de neige et que la lumière du soleil filtre par les nuages, le brouillard ou la neige qui tombe. Tout devient flou, il n’y a plus d’horizon, les contours s’estompent, il n’y a plus d’ombres. Il règne une impression de vide total, d’espace grisâtre s’étendant à l’infini, psychiquement oppressant. On perd tout sens de l’orientation. 

Le sujet premier du spectacle est la léthargie et la résignation qui gagnent l’homme devant l’imminence de la fin du monde. Et pourtant, une lueur d’espoir transperce le brouillard. « L’espoir radical est non pas quelque chose qu’on possède, mais quelque chose qu’on entretient activement ; il nécessite de la flexibilité et de l’ouverture. L’espoir radical est notre meilleure arme contre le désespoir, alors même que le désespoir paraît s’imposer. » (Extrait de la notice du spectacle, d‘après Jonathan Lear).

Ce « poème visuel » n‘a pas d’action cohérente. On repère des allusions à des fragments d’histoires. Après un début où les minutes s’étirent insupportablement, et où un homme énumère en détail de quoi est composé un équipement de secours, où, s’agissant d’aliments, il va jusqu’à en indiquer le poids et le nombre de calories, le spectateur se sent peu à peu aspiré irrésistiblement. Sur scène, un paysage de fin du monde couleur de cendre. En tant que spectateur, je m’abandonne à ces images surréelles de sphères jamais vues, d’une étrange beauté. Tout décélère, se soustrait à une dramaturgie rationnelle. J’associe, je cherche la solution de l’énigme, je m’étonne. Tout est sensoriel, décrit la beauté de la mélancolie. Nous voyons des états, des images décalées, autoréférentielles, intemporelles. Les innombrables informations statistiques et des passages de texte intercalés entre des scènes non commentées viennent troubler l’abandon aux images et ancrent ce théâtre dans notre réalité, produisant un effet durable qui reste gravé.

En d’autres termes, le metteur en scène et vidéaste Alexander Giesche a développé, en collaboration avec les acteurs, des histoires en images évoluant à la limite entre des installations sonores et lumineuses, entre théâtre et performance.

(Jean Grädel)

Mise en scène
Alexander Giesche 

Avec
Lukas Darnstädt, Matthias Kurmann, Verena Lercher, Maximilian Reichert, Jakob Leo Stark, Alina Vimbai Strähler                 

Scénographie et costumes
Nadia Fistarol

Lumières
David Hedinger

Dramaturgie
Friederike Schubert

Musique
Georg Conrad

Production
Luzerner Theater

Spectacle créé le 15 mars 2017 au Luzerner Theater


Surtitres (français)
Juliane Regler

26.05.2018—21h00
En allemand
surtitres français
durée 1h40'